Lors de la journée porte ouverte à l’observatoire de Lyon Saint Genis Laval, il nous a été possible de visiter une petite coupole (classée) fermée au public. Elle se situe à quelques dizaines de mètres des 2 coupoles principales du site. On constate qu’aucune modification importante n’a été apportée depuis sa création fin 19e siècle. Tout est d’origine y compris la monture équatoriale et le télescope (on peut penser toutefois que l’optique a été restaurée voir changée). Mon attention s’est surtout portée sur la motorisation très particulière de cet instrument.
A l’époque il n’existait bien sûr pas de moteur à quartz pas à pas, ni d’asservissement par ordinateur. Il fallait donc trouver une base de temps suffisamment précise pour assurer le suivi du télescope sur son axe polaire. Il est surprenant de constater le parfait état de fonctionnement des mécanismes encore utilisés en démonstration aujourd’hui. En effet, la réalisation mécanique était d’une qualité remarquable … honneur aux anciens.
L’équipement comprend un tambour moteur entraîné par un câble et un poids d’environ 12 kg. L’astronome, outre son talent de scientifique devait être robuste. Il était tenu de remonter périodiquement ce poids grâce à une imposante manivelle. Un ensemble de rouages et cardans assure la rotation d’un axe de sortie entraînant par un système d’engrenage la couronne dentée de
l’axe polaire. Une poignée montée sur axe débrayable située à proximité permet également de commander manuellement cet axe polaire.
Il était important d’avoir une base de temps suffisamment précise afin assurer le bon suivi. Pour cela on utilisait un régulateur constitué de deux volets articulés freinant ou accélérant le mécanisme en s’ouvrant plus ou moins au brassage de l’air. Lorsque le mécanisme était freiné pour des causes diverses, baisse de température durcissement des huiles ou frottement mécanique, les
volets étaient repliés et offraient le minimum de résistance à l’air. Et inversement, lorsque le mécanisme devenait très libre, la vitesse augmentait et par force centrifuge les volets s’écartaient offrant un maximum de résistance à l’air.
On retrouve ce système régulateur dans de nombreuses applications et en particulier en horlogerie.
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