Club d’Astronomie de Lyon Ampère

Télescopes de mission

mercredi 3 novembre 2010 par Olivier Thizy

L’association AUDE avait organisé le 19 juin 2010 une rencontre autour des télescopes de mission. En France, les astronomes amateurs ont la chance de pouvoir avoir accès à des télescopes de plus de 60cm dans d’excellentes
conditions.

La matinée était dédiée à la (re) découverte de ces structures.

Thierry Midavaine de Planète Sciences a présenté le Télescope Jean-Marc Salomon de 60cm sur la base de loisir de Buthiers, accessible en RER depuis Paris. La télescope est beaucoup utilisé par des jeunes (collégiens, lycéens...) avec une équipe d’animation dédiée.

Observatoire de St Veran

AstroQueyras, en la personne du président Jean-Christophe Le Floch, a montré les différents équipements disponibles à presque 3000m d’altitude. L’Association
T60 (Arnaud Leroy) a fait une présentation similaire et il était intéressant de pouvoir comparer les deux. La difficulté première d’AstroQueyras est la gestion de l’observatoire dans sa totalité avec les efforts humains et financiers que cela requiert ; l’AT60 étant plus privilégié avec une gestion de l’équipement par l’Observatoire Midi-Pyrennées. Par contre, les équipes de mission à Saint-Véran se sentent plus "chez elles".

Marc Bretton, du Mas des Grés, a présenté son installation avec notamment un Meade 16 sur monture Paramount et un CDK 17 est en cours d’installation également. Mais surtout, Marc a présenté son projet de télescope de 800mm qui devrait être opérationnel en 2011 avec une bonne capacité d’hébergement dans
d’excellentes conditions.

T600, observatoire du Pic du Midi

L’après midi on a vu se succéder plusieurs excellentes présentations la plupart d’astronomes professionnels sur des sujets d’observation auxquelles les amateurs peuvent contribuer. Benoit Carry, de l’IMCCE, a parlé des astéroïdes. On a recense plus de 500000 à ce jour ! Si l’astronométrie permet de faire des
études statistiques sur la dynamique des astéroïdes, la photométrie permet
de mieux comprendre leurs propriété physiques comme leur densité et par
déduction leur composition – aidé par des études spectroscopiques. Il a montré la magie de la reconstitution de la forme d’un astéroïde par l’étude des variations photométrique (courbe de rotation). Il travaille sur KOALA, un nouveau logiciel qui utilise les données d’imagerie directe (radar, gros télescopes), les résultats d’occultation stellaire par un astéroïde, et les courbes de lumière pour obtenir des reconstitutions encore plus performantes ! L’apport
des amateurs dans ce domaine est flagrant en photométrie et beaucoup peut être fait en spectroscopie proche Infra-Rouge basse résolution pour séparer les astéroïdes silicate (S) et affiner la classification des autres en spectroscopie visible.

Raoul Behrend a complété la présentation en indiquant que le groupe amateur qu’il coordonne a découvert 13 binarités d’astéroïdes à ce jour. Mais lors de l’étude de courbe de rotation d’astroïde, le groupe a aussi découvert 700 étoiles variables nouvelles ! Un champ encore ouvert aux amateurs (contrairement à
la découverte d’astéröides). Si la photométrie de ces étoiles est réalisée, il reste encore les études spectroscopiques à réaliser... bref, ce n’est pas demain que les astronomes amateurs n’auront plus de cibles à étudier !

Mission CALA a Astroqueyras

Alexandre Santerne est un astronome amateur mais aussi professionnel à l’observatoire de Marseille. Il n’a pas pu se déplacer et il a fait sa conférence par vidéo et le résultat était plutôt surprenant pour ce type de rencontre. Mais surtout, sa conférence était époustouflante sur un sujet d’étude très en vogue : les exoplanètes. Parmis les enjeux, il souligne l’importance de mieux comprendre ces naines brunes, objet entre planète (masse inférieur à 13 fois la masse Jupiter, aucune fusion possible) et les étoiles (masse supérieure à 80
fois celle de Jupiter, permettant la fusion de l’hydrogène). Les naines brunes ont une masse permettant la fusion du deutérium. Sur 461 exoplanète connues
à ce jour, la grande majorité (430) ont été découvertes pas la méthode de vitesse radiale en spectroscopie. Il a au passage souligné le type d’équipement
utilisé pour ces découvertes en positionnant en comparaison le spectrographe echelle Shelyak Instruments ! Alexandre a montré la complémentarité indispensable des observations en vitesse radiale et des mesures photométriques.

Les amateurs devraient observer plus souvent les transits d’exoplanètes afin d’améliorer les connaissance de ces planètes. Une campagne avait été lancée par Claire Moutou en mars-avril et son succès laisse entrevoir d’autres campagne avec la contribution des amateurs – le CALA devrait certainement développer ce type d’observations très utiles !

En spectroscopie, les amateurs ont une niche : les étoiles à forte rotation que les professionnels ont laissées un peu de côté pour obtenir des résultats rapides. Mais sur ce type d’étoiles, un spectrographe eShel obtiendra le même résultat que HARPS car la rotation de l’étoile limite la précision plus que l’instrumentation. Il y a des candidats étudiés comme HD49838, HD8358, HD5651. Et bien entendu continuer à suivre des exoplanètes connues comme tau Boo.

En photométrie, les amateurs devraient se focaliser sur les étoiles à longue période (campagne réalisée dernièrement sur HAT-P-13c) et sur les exoplanètes à forte excentricité.

Enfin, Sylvain Bouley a fait une présentation très intéressante sur les flash lunaires. En cinq siècles, 300 observateurs ont rapportés des observations de 570 phénomènes. En 1999, le premier enregistrement par plusieurs observateurs, apportent la preuve que ces flash sont bien sur la Lune et lié à la chute de petit corps de 5 à 15cm. Les meilleurs périodes d’observation sont pendant des essaims de météorites comme les Léonides par exemple. Le projet en cours de déploiement est un réseau de C14 avec une caméra (type vidéo Watec) au foyer FastStar... tiens, le CALA pourrait contribuer à ce type de
projet !

La rencontre s’est terminée par une table ronde avec une discussion autour des différents télescopes de mission (Thierry Midavaine présentant la liste qu’il a compilé depuis plusieurs années). Une proposition de stand commun aux
Rencontres du Ciel et de l’Espace a même été faite. Le soir, nous nous sommes
quasiment tous retrouvé autour d’un couscous proche de l’observatoire de
Paris – histoire de bien terminé une journée fort remplie et qui ne donnait
qu’une envie : retourner à l’un de ces télescopes de mission pour réaliser
un projet en collaboration avec des astronomes professionnels, la liste
est longue !


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