Club d’Astronomie de Lyon Ampère

So British !

samedi 21 avril 2007 par Olivier Thizy

AstroFest est aussi l’occasion de visiter Londres et surtout le Royal Observatory de Greenwich. Ouvert pratiquement tous les jours de l’année et d’accès gratuit, l’observatoire de Greenwich a la particularité de se situer sur le méridien origine, longitude 0.00, le centre du monde vous diront certains ! Mais comment en est-on arrivé là ?

L’observatoire de Greenwich

La construction de l’observatoire de Greenwich est contemporaine à celle de l’observatoire de Paris (voir le N°63 de la revue NGC69). Au XVIIème siècle, la marine est en plein développement mais beaucoup de navires s’échouent sur des récifs par manque de précision sur leurs positions. Le roi Charles II décida la construction de l’observatoire pour affiner les précisions des cartes célestes. L’idée, proposée par Sieur de St Pierre en France, était d’utiliser la position de la Lune par rapport aux étoiles. Charles II confia alors à John Flamsteed la mission d’améliorer la position des bateaux grâce aux étoiles et à la connaissance du temps.
Un premier bâtiment fût construit en 1675 à Greenwich. La salle Octogonale au sommet accueillait les grandes lunettes de l’époque et de grandes horloges murales. Rapidement, John Flamsteed prouva que la Terre tournait de manière régulière et il développa l’équation du temps qui donne l’écart entre l’heure terrestre et l’heure solaire.

Pour cataloguer les étoiles avec précision,

La lunette de 28 inches.

John Flamsteed construisit une méridienne : une lunette alignée sur une ligne méridienne. A sa suite, Edmund Halley construisit une autre méridienne mais un peu plus à l’Est. Puis Bradley & Airy en installèrent une encore plus à l’est à la position qui est désormais la première méridienne du monde.

Mais si la connaissance des astres était importante, celle du temps l’était tout autant pour se positionner en pleine mer. En 1707, l’amiral Shovel et trois de ses navires coulèrent faisant plus de 1500 morts. Cela bouleversa les anglais et en 1714, une prime importante fût définie pour celui qui pourrait positionner une longitude à ½° près.

Avec le support de l’observatoire royal, et notamment Edmund Halley, John Harrison construisit plusieurs modèles d’horloges dont la célèbre « H4 » qu’il présenta en 1763. Il ne reçu toutefois pas le prix car il ne voulait pas diffuser les secrets de fabrication ! Il construisit un cinquième modèle qui fût brillamment testé en mer et reçu quand même une importante somme d’argent pour cela. Même s’il ne gagna pas officiellement le prix, John Harrison est aujourd’hui considéré comme l’inventeur des longitudes !

Au début du XVIIIème siècle, chaque ville avait sa propre heure. En 1833 on installa au sommet de l’observatoire une boule géante qui montait et chutait brusquement à 13h précises. Cela permettait aux bateaux sur la Tamise, ayant vue sur l’observatoire perché sur une petite colline, de synchroniser leurs horloges.

En 1836, l’observatoire donnait littéralement l’heure aux habitants de la ville. Tous les lundis, John Henry Belville (puis sa fille Ruth) parcourait la ville avec une montre synchronisée sur l’horloge dl’observatoire.

En 1852, Greenwich implémenta un système de signaux envoyés par l’horloge maître vers des horloges esclaves réparties dans l’empire britannique. Mais ce n’est qu’en 1880 que le Temps du Méridien de Greenwich (GMT en anglais) devint officiellement l’heure standard des Britanniques.

Méridien 0.00 ° !!

A la fin du XIXème siècle, le besoin se faisait pressant d’établir un système de temps international. Les Britanniques et les Américains passèrent un accord en 1880 pour établir un système de fuseaux horaires par tranche de 15° de longitude avec Greenwich comme point de référence. Lors de la conférence de Washington sur les méridiennes en octobre 1884, le système fût adopté par 25 pays à 22 voix pour, 1 voix contre, et 2 abstention dont la France ! Pour la petite histoire, les anglais devaient par ailleurs passer au système métrique - ce qui n’est pas encore complètement le cas...

Greenwich devint la référence internationale pour le temps et la méridienne de référence pour la cartographie. Par contre, ne dites pas aux Anglais que la référence GPS passe 100 mètres plus loin - ils pourraient se vexer !

L’observatoire a longtemps fonctionné avec un seul astronome royal et peu d’assistants. En fait, au début du XIXème siècle, on ne comptait qu’une douzaine d’astronomes dans tout le royaume britannique.

L’équipe s’étoffa avec l’arrivée des ‘calculateurs’ à la fin du XIXème siècle. L’observatoire déménagea une première fois après la seconde guerre mondiale dans le château de Hertmonceux avec encore aujourd’hui une belle collection d’instruments désormais inutilisés. L’observatoire déménagea encore en 1990 pour Cambridge mais les observations étaient faites sous des cieux plus propices. Il ferma officiellement en 1998 dans le cadre d’un plan plus global de réorganisation de la recherche au Royaume-Uni.

Mais le site de Greenwich, classé site à protéger par l’UNESCO en 1997, est désormais ouvert aux touristes. Un gros investissement est en cours avec par exemple un planétarium devant ouvrir en 2007. Une société d’astronomie locale organise parfois des observations du ciel pour le public. Alors, si vous passez par Londres, pensez à aller voir le Royal Observatory de Greenwich... c’est « so British » !


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