Club d’Astronomie de Lyon Ampère

SAS et RTMC 2010

lundi 8 novembre 2010 par Olivier Thizy

Chaque années, en mai, des passionnés d’astronomie qui veulent en plus de la contemplation du ciel mieux le comprendre et contribuer à des projets professionnels/amateur se regroupent à Big Bear, en Californie juste avant la star party RTMC (Riverside Telescoep Makers Conference). Regroupés au sein de
l’association SAS (Society for Astronomical Science), ils organisent ce symposium avec des présentations d’astronomes professionnels et amateurs, assez similaire aux rencontres de La Rochelle que nous avons en France.

Cette année, les organisateurs m’avaient demandé d’assurer un atelier pratique sur la spectroscopie, tandis que Richard Berry assurait lui un atelier sur la
CCD. Plus de 40 personnes ont participé à ce "workshop" qui a eu un certain succès. Au total, ce sont plus de 120 personnes qui sont venus au colloque SAS.

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Personnellement, j’ai trouvé que la star de ce colloqué était epsilon Aurigae. Cette étoile est très particulière et un grand mystère pour les astronomes. C’est l’étoile variable dont la période est la plus longue connue. Tous les 27ans, un
compagnon passe devant l’étoile principale – un phénomène à ne pas rater sous peine de devoir attendre très longtemps pour le revoir ! Cette éclipse dure plus de 18 mois. La luminosité d’epsilon Aurigae baisse pendant l’éclipse,
ce qui est assez compréhensible. Mais de façon plus surprenante, sa luminosité augmente au milieu de l’éclipse. Jeff Hopkins, le coordinateur amateur de
la campagne d’observation d’epsilon Aurigae a montré lors des SAS le statut des nombreuses observations réalisées. Le spectre d’epsilon Aurigae,
même en dehors de la période d’éclipse, montre une belle émission variable sur H-alpha. Cela semble semble indiquer la présence d’un nuage de matière autour du compagnon. Les observations de Robin Leadbeater avec son Lhires III ont été particulièrement remarquées. Il s’est focalisé sur une raie du Potassium et a montré l’apparition d’une seconde raie décalée en tout début d’éclipse.
Cette nouvelle raie serait l’absorption de la lumière de l’étoile principale par le nuage de matière qui comprendrait du Potassium ; le décalage étant la
signature Doppler de la rotation de ce nuage.

Surtout, Robin Leadbeater a mis en évidence l’apparition par palier de cette nouvelle raie, un peu comme si le nuage n’était pas homogène mais formé d’anneaux successifs autour du compagnon... Serait-ce la preuve d’un cortège
de planètes en formation autour de cette deuxième étoile ? En tout cas la preuve que epsilon Aurigae est une étoile très particulière !

Le colloque se déroulait juste avant le milieu de l’éclipse et il reste encore beaucoup d’observations à faire pour mieux comprendre ce système
unique. Mais les amateurs contribuent beaucoup avec leurs observations, et le développement de la spectroscopie amateur ces dernières années arrive à point
nommé avec des très nombreux spectres de cette étoile réalisés actuellement.
Lors du colloque, plusieurs autres type d’étoiles variables ont été abordées telles les variables cataclysmiques, les RR Lyrae, et bien entendu les étoiles Be où j’ai pu faire un point sur l’état des observations spectroscopiques
amateurs.

Juste après le colloque SAS a lieu la star party RTMC. Je présentais les produits Shelyak Instruments sur un stand avec Planewave, les fabriquants de télescope de type CDK. Planewave a été crée par des anciens employés de
Celestron, une sorte d’essaimage. Ils avaient apporté sur le stand le premier prototype de leur 600mm. A l’extérieur, Planewave avait installé un 312mm pour de l’imagerie et un 425mm pour la spectroscopie pendant les nuits
de la star party. Surtout, il y avait sur le champ d’observation un télescope
CDK de 1 mètre. C’est en fait le premier télescope de type CDK, démarré avant que la formule optique soit reprise par Planewave pour leur gamme. J’ai
eu la chance d’observer dedans (les galaxies NGC ressemblent à des Messiers dans un 200mm !!!) et participé à son démontage – un télescope de 1m qui est rentré dans deux voitures, c’est assez impressionant. Il n’y avait aucune
place restante dans les coffres !

L’année dernière, Celestron annonçait la gamme HD de ses télescopes. Une version améliorée avec lentille correctrice dont la fomule optique exacte n’est pas publiée. Cette année, l’ensemble de la gamme était disponible
pour les observations nocturnes. J’avoue que le champ dans un C11 HD avec un oculaire Televue Ethos était particulièrement net même au bord. Dommage
qu’aucune caméra CCD n’était reliée pour montrer la qualité de cette formule sur une image grand champ.

Il y avait peu de nouveautés cette année à RTMC et la fréquentation est en baisse régulière depuis plusieurs années. Mais si d’habitude RTMC se déroule
lors du "Memorial Week-End", les organisateurs avaient décalés la star party cette année pour être plus proche de la Nouvelle Lune. Cela a peut-être accentué la baisse de fréquentation mais il m’a semblé y avoir beaucoup plus
de télescopes et d’observateurs cette année. Il y avait par exemple trois dobson de 1mètre cette année ! RTMC pourrait redevenir la mecque de l’observation et
des télescopes bricolé qu’elle était auparavant.


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