Club d’Astronomie de Lyon Ampère

CALA/AstroQueyras : Mission Comètes 96 (1/2)

D’après un article du NGC69, écrit par Olivier Thizy et Régis Nicolas.

mardi 13 janvier 2004 par webmaster

Il existe en France deux observatoires d’origine professionnelle qui se sont ouverts aux amateurs : le télescope de 60cm du Pic du Midi dans les Pyrénées et le télescope de 62cm du Pic de Chateau-Renard au dessus de St Veran dans le Queyras.
A la suite d’une discussion lors des rencontres de Carcassonne en mai, Stéphane Garro et Olivier Thizy avaient alors décidé d’organiser une mission ’Comètes’ à l’observatoire du Pic de Chateau-Renard.

L’observatoire du Pic de Chateau-Renard.

Le site splendide à 2930m d’altitude dans une région souvent ensoleillée et la période très active en comètes, surtout avec l’arrivée de Hale-Bopp, rendaient cette mission très excitante à préparer.

Les membres de la mission étaient :

- Jacques Boussuge, de l’association AstroQueyras qui gère le site,
- Xavier Leprette, de la commission cométaire de la SAF,
- Stéphane Garro, cométologue amateur réputé,
- Régis Nicolas, du groupe CCD du CALA,
- Olivier Thizy, du CALA,

La préparation du voyage s’est beaucoup faite via internet, auquel quatre membres sont connectés. Plusieurs messages ont été échangés pour la préparation du programme (environ 45 comètes !) et la préparation de la logistique : nourriture, points de rendez-vous, etc...

Stéphane Garro.

Nous (Régis et Olivier) sommes partis ensemble de Grenoble, après une nuit plutôt couverte à l’observatoire du club. Nous avons emporté le PC du club et la caméra HiSis22, ainsi que le C8 d’Olivier et de nombreux accessoires astronomiques et informatiques.

La mission a bien commencé avec Stéphane qui a beaucoup tardé pour faire les commissions et Xavier qui a attendu plus de 8h qu’on vienne le chercher... Pour un lapin, c’était un lapin ! Enfin, cela nous a donné le temps à Jacques et nous de manger tranquillement une succulente tartiflette au village de St Veran.

Xavier Leprette.

St Veran est la commune la plus haute d’Europe, à plus de 2000m d’altitude. Le CALA avait d’ailleurs organisé un stage dans la région il y a de cela environ 15 ans... Au coeur du parc régional du Queyras, St Veran est un superbe village très typé, et bien conservé.

Le site a été construit par l’observatoire de Paris-Meudon en 1974 pour l’installation d’un coronographe et l’observation du Soleil. En 1982, l’observatoire a été fermé. Toutefois, plusieurs personnes du village ont continué à l’entretenir, surtout Pierre Prieur-Blanc, un électronicien qui avait construit une antenne télévision sur le pic. Très marqués par l’aventure de l’observatoire, qui restaient ouvert toute l’année avec les problèmes que l’on peut imaginer à 3000m d’altitude, ces personnes ont fait un travail considérable pour maintenir l’observatoire en état.

En 1989, quelques professionnels de Meudon et des amateurs ont eu l’idée d’installer dans la coupole de l’observatoire un télescope de 62cm, installé en Espagne mais propriété de l’Observatoire de Haute-Provence, qui ne servait plus et de l’ouvrir aux amateurs. L’association AstroQueyras fut alors crée pour gérer le site, qui est maintenu en collaboration avec les professionnels. Jacques Boussuge en est aujourd’hui le Président.

Le site est généralement ouvert de Juillet à mi-Septembre, voir mi-Octobre pour cette année. Au delà, les risques d’intempérie sont importants. Il y a toutefois régulièrement des groupes qui montent également en hiver. La logistique est alors complètement différente : la nourriture est apportés l’été, et le groupe monte à l’observatoire en ski. Mais la beauté du site et la qualité des observations récompensent les plus persévérants !...

Régis Nicolas.

Une fois le groupe au complet, en fin d’après-midi du Samedi, nous sommes montés en voiture et en 4x4 au sommet du pic. La piste est entretenue, mais la montée est assez difficile en voiture de ville.

L’observatoire est assez compact : structure d’hébergement et coupole de 7m50 reliés par un tunnel. L’électricité est fournie par un groupe électrogène qui n’est mis en marche que la nuit, ce qui fait qu’on y circule souvent dans l’obscurité. La partie hébergement ne manque de rien (si ce n’est l’électricité permanente !) : eau froide et chaude, chauffage au gaz, cuisinière, lits, salle de bain, etc...

La coupole est assez imposante de l’extérieur, mais encore plus de l’intérieur. On y arrive par un petit couloir et un escalier qui donne sur la salle de contrôle et sur la coupole. La structure métallique de cette dernière est remarquable ; elle a été construite par les ateliers de Gustave Eiffel ! Des hublots tout autour de la coupole font ressembler l’observatoire au Nautilus du capitain Nemo plus qu’à un observatoire. Mais cela présente l’avantage d’avoir une vue superbe des montagnes environnantes à l’aube juste avant le lever du Soleil...

Le télescope de 62cm est vraiment imposant. De type Cassegrain sur une monture allemande, le télescope se manie relativement aisément. Différentes configurations optiques peuvent être adoptées : f/15, f/5...

La salle de contrôle contient elle le PC de pilotage du télescope et le PC de pilotage de la caméra CCD (HiSis 22). De nombreux problèmes informatiques ont eu lieu pendant la mission : plantage de PC, souris défaillante, etc... Nous avions par contre apporté le PC de l’observatoire du club qui a parfaitement fonctionné. Il a été ’gonflé’ pour l’occasion avec un lecteur DAT et un lecteur Magneto-Optique pour l’archivage des images, une interface PCMCIA pour échanger rapidement des données avec les PC portables utilisés sur les télescope C8 à l’extérieur, un deuxième lecteur de CD-ROM pour écouter des CD audio la nuit (!), un disque de 400MB et un autre de 1GB pour avoir plus de mémoire disque, et un graveur de CD-ROM !!! En final, la salle de contrôle était remplie de fils électriques dans tous les sens...

On était également équipé de trois portables et d’un modem nous permettant de nous connecter depuis l’observatoire sur internet. Ce fut l’occasion d’envoyer régulièrement des compte-rendu d’observation, et surtout la possibilité de nous connecter sur l’UAI (Union Astronomique Internationale) afin de récupérer les derniers éléments de comètes. Grace au logiciel MegaStar 3.0, nous avons pu imprimer des cartes de champ des comètes ciblées, et récupérer les coordonnées à tout moment nous permettant de pointer le télescope très précisément.

Olivier Thizy.

La première nuit s’est déroulée conjointement avec l’équipe précédente qui faisait de la vidéo au T620. Philippe Morel, qui réalise de très beaux dessins de comètes, en a fait plusieurs avec son télescope de 400. Nous avons pour notre part fait de l’observation à l’extérieur, dans des conditions plus ’glaciale’. Stéphane a fait de l’observation visuelle et du dessin de comète — activité dont il est le spécialiste. Xavier a fait plusieurs photographies et de l’observation visuelle. Régis a fait des photographies en parallèle sur le T130/700. Jacques a installé son télescope et sa CCD HiSis2 (décidément, c’est vraiment un standard !) pour faire de la photométrie d’astéroïdes. Enfin, Olivier a fait des images CCD avec le C8 et la caméra HiSis22 du club : Hale-Bopp, très brillante avec de nombreuses raies ; Tabur, la nouvelle comète dans Orion assez brillante ; et 57P/du-Toit-Neujmin-Delporte, une comète plutôt faible mais à la portée du C8, très fine avec une longue queue.

Comète C/1996 Q1 (Tabur)
Compositage de 9 images (total : 2’15") prises au C8/Ultima f/10
Début : 16/9/96 - 02h52m07s UT ; Fin : 16/9/96 - 02h56m15s UT
Dark & Flat corrigés par Régis Nicolas.

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